Sunday, April 30, 2006

Fin de cauchemar

Ca va être un coup dur pour les altermondialistes qui en avait fait leur documentaire favori, mais aussi une pierre de le jardin de ceux qui, comme moi, pensent que la réalité n'est pas si facile à appréhender, et que les discours simplifiés de tous bords sont rarement la vérité. Vous vous souvenez du Cauchemar de Darwin, documentaire de 2005 montrait comment un écosystème régional tanzanien avait été détruit par l'introduction d'un poisson dans le lac dont la chair, sauf la tête, était destinée aux populations occidentales. Pire, les avions qui étaient utilisés pour le transport des poissons n'arriveraient pas vides en Tanzanie, mais bourrés d'armes. Mais pour étayer cet argument, Hubert Sauper n'arrive pas véritablement à trouver de témoins, sauf à la fin un pilote qui affirme avoir amener des armes en ... Ouganda. Mais ce témoignage semble-t-il suffit amplement pour effectuer une affiche qui, tout géniale soit-elle, laisse peu de place à l'interprétation.

J'avais hésité à aller voir ce docu, qui paraissait excellent, et qui fut encensé par les médias. Certains aujourd'hui, comme Charlie Hebdo, qui parle maintenant du Bobard de Darwin, ou Le Monde, ont émis de sérieuses critiques par rapport au Cauchemar, critiques qu'Arrêt sur Images a reprises et analysées aujourd'hui. Deux arguments surtout méritent d'être soulignés : le fait que les pêcheurs ont pu effectivement augmenter leurs revenus de la pêche, suite à cette introduction, sur lequel Hubert Sauper passe comme chat sur braises. Et ensuite le fait que l'argument principal du film, à savoir le commerce d'armes, est loin d'être démontré.

Loin de moi l'idée de dire que tout va bien en Afrique et que le système économique aujourd'hui mondialisé fonctionne à merveille; par contre je trouve important de souligner que ce n'est pas en forçant le trait, en trichant finalement avec la réalité qu'on fera avancer le développement, qu'un intervenant à l'émission appelait justement le maldéveloppement, en Afrique. Et surtout on constate que même un documentaire qui, au départ, était encensé, peut être par la suite critiqué. Il est important que ces critiques soient également relayées par les médias. Il sera intéressant de voir si les médias suisses romands s'emparent également de l'affaire, où si ils préfèrent laisser leur public croire aveuglément ce que leur a suggéré le documentaliste.

Thursday, April 27, 2006

La phrase du jour...

Elle est d'Esther Mamarbachi, au TJ hier soir :
Après la Suisse, c'est l'ours qui pose problème en France...
Qu'est-ce qu'on leur a encore fait, à nos chers voisins ?
Si c'est pas vraiment une champignade, ça n'en est pas vraiment éloigné...

Wednesday, April 26, 2006

Moritz offre le CPE au Hamas


Si Moritz Leuenberger avait été membre du Parlement ça n'aurait pas véritablement porté à conséquence, mais lorsqu'on est Président de la Confédération, il y a des déclarations qu'il vaudrait mieux éviter, du genre : vous Messieurs les européens, vous êtes vraiment très très méchant avec le Hamas ! Quand MCR (tiens, elle fait aussi partie du parti des Candides) avait déclaré cela, il y a quelques semaines, je trouvais encore cela à la limite de l'acceptable. Mais maintenant que le Hamas a décidé de ne pas changer d'un poil, et s'est réjouit du dernier attentat, il faut ouvrir les yeux. Pour Moritz, jusqu'à quand durera le CPE du Hamas ?

Mise à jour (27.04) : Visiblement cette information, pourtant disponible en milieu d'après sur le télétexte, n'est pas suffisamment intéressante pour la TSR, qui préfère revenir sur les photos du Président de la Confédération en vacances publiées par des quotidiens de boulevard suisses, attitude que Moritz trouve petite, comme il le signale sur la photo ci-dessus. C'est vrai qu'il y a une hiérarchie de l'information à la TSR ! Paparazzi, vilains ! Terroristes militants, gentils.

La triste et véridique histoire des Moches


Il y a fort, fort longtemps, avant que Christophe Colomb ait découvert les peuples précolombiens - c'est dire - vivait un peuple au physique si ingrat que tous ses voisins avaient décidé, lors du SPPC (Sommet des peuples pré-colombiens) de les appeler les Moches. Il va s'en dire qu'un tel patronyme était difficile à porter, et que l'ambiance au sein des Moches qui en découlait laissait parfois à désirer. A tel point qu'ils se mirent entre eux à s'appeler les Moches, et à utiliser l'adjectif moche pour tout ce qui se rapportait à leur civilisation pourtant brillante, même si elle n'avait pas encore créé la StarAc' et les autocollants Panini. Ainsi, lorsqu'un moche montrait sa dernière oeuvre picturale à un compatriote, celui-ci s'extasait : "C'est vraiment moche". Le rêve des petites filles était de participer au grand coucours de Miss Moche organisé chaque année. Chaque matin, les nouvelles étaient moches. Bref c'était la cata, comme on dirait aujourd'hui.

Les grands prêtres décidèrent de pallier cette situation en organisant des sacrifices humains, non seulement pour apaiser la colère des dieux qui avaient été si injustes avec eux, mais aussi pour assurer un peu de spectacle, car il faut se rappeler qu'à l'époque, il n'y avait pas encore les Coups de coeur d'Alain Morisod. Régulièrement donc, disais-je, une jeune femme était choisie pour être immolée. Invariablement, celle-ci se défendait : "Pourquoi moi ? Après tout, je ne suis pas plus moche qu'une autre..." Mais rien n'y faisait. Une fois le choix des Grands Prêtres moches arrêté, impossible de revenir en arrière. C'était une montée sur la pyramide, une petite prière pour le soleil, et, hop, on se faisait arracher le coeur, un peu comme dans Indiana Jones et le Temple Maudit, mais bon là c'était pas du cinéma et le héros n'arrivait jamais pour sauver la pauvre moche exécutée, on devrait pas rigoler avec des trucs pareils, non mais.

Pourtant, un beau jour - ça arrivait même chez les moches, les beaux jours - un cavalier Inca arriva dans la région; seulement il n'avait pas de cheval, ceux-ci étant rigoureusement prohibé par le code d'honneur des PPC, comme le savent tous les joueurs de Ages of Empires II. Mais je m'égare. Tadioptre, qu'il s'appelait, le cavalier sans monture. C'est un nom typiquement inca, Tadioptre, d'ailleurs. Débarquant au début de la cérémonie sacrificielle, au moment où la jeune moche, prénommée Kate, gravissait les marches de la Croisette - la plus grande pyramide moche de l'époque - sous les vivats et les applaudissements d'une moche foule en délire, notre héros, comprenant immédiatement - c'est un héros - la destinée tragique de la jeune fille, se fraye un chemin à travers les spectateurs, et gravit quatre à quatre les marches pour arrêter par le bras la petite Kate moche. Puis se tournant vers la foule qui assistait, aussi médusée que le Parc des Princes après le but de Kostadinov en '93, à cette irruption dans le rituel sacrificiel habituel, Tadioptre s'écria : "Ne vous rendez vous pas compte que vous n'êtes pas si moches et qu'il n'y a que la beauté intérieure qui compte ?" Puis il regarda fièrement l'assemblée qui se mettait à murmurer... Ce fut sa dernière vision, puisqu'il fut lapidé 5 secondes plus tard, afin que les grands prêtres puissent reprendre leur office. "Facile à dire, quand on est beau comme un dieu Inca. (Ndr : ce jeu de mots n'est perceptible que pour les fans de hockey helvétique, c'est dire s'il risque d'avoir encore moins de succès que les autres).

Rom, Pourdeux et Pucinno, les 3 laquais du cavalier sans monture, avaient pu observer la scène de loin et, une fois leur pauvre maître massacré, s'empressèrent de retourner en Inca-Land pour ameuter toute l'armée inca. Qui ne fit ni une ni deux, et pour venger Tadioptre attaquer les Moches et déclencha la fameuse guerre Inca-Moche, dans les livres d'histoire nous content tous les événements en long et en large. C'est ainsi que disparurent les Moches, grand peuple dont seul le nom aura terni la renomée.

Tuesday, April 25, 2006

Sur le rire

J'aime beaucoup cette citation de Dario Fo, retrouvée dans un récent interview , pour répondre à la question "La satire ne vous quitte-t-elle jamais?":

Jamais. Le rire et encore le rire. Lorsqu'un enfant naît, ses parents s'empressent de le faire rire, en lui faisant des grimaces. Pourquoi? Parce que, au moment où il rit, cela signifie que l'intelligence est née. Il a su distinguer le vrai du faux, le réel de l'imaginaire, la grimace de la menace. Il a su voir au-delà du masque. Le rire libère l'homme de la peur. Tout obscurantisme, tout système de dictature est fondé sur la peur. Alors, rions!

Un chiffre à la mode


Le 80 est à la mode de nos jours. La Queen choisit de faire une campagne de redorage de blason royal en compagnie de gens qui ont le même âge qu'elle mais qui ne sont surement pas de sa famille, son ordre et de son rang (et elle a dû faire semblant de trouver ça sympa; pour les plus vieux d'entre vous, ça doit faire penser aux dîners de Giscard chez l'habitant; Giscard qui déjà à l'époque faisait 80 ans d'ailleurs); Philippe Castelli décide d'aller montrer sa grosse tête à St-Pierre alors qu'il avait 80 piges; Michel Butor souffle en ce moment aussi ses 80 bougies.

Pourquoi sors-je ceci aujourd'hui, me demanderez vous, petit curieux va, si vous avez continué la lecture de ce billet jusqu'ici, ce qui est déjà pas mal puisqu'il dépasse sans doute la taille d'un article de fond du 20 Minutes. Et bien pour la simple et bonne raison que certains d'entre vous auront lu tout le paragraphe précédent en pensant mentalement huitante, et d'autre en pensant mentalement quatre-vingts. Ce qui est complètement absurde, n'est-ce pas ? Nous autres Suisses avons tendance à trouver quelque peu bizarre et agaçante cette manie francillarde de dire soixante-dix et non septante, quatre-vingts et non huitante, etc, persuadé que la partie romande de la Confédération helvétique a tout compris et que nos voisins sont des gens qui ne savent même pas compter logiquement (si ce n'est, 1, 2 et 3 - 0...).

J'ai enfin l'explication à cette anomalie de numération: elle provient d'une survivance du système vintésimale, à une époque où on utilisait encore pas mal les chiffres romains, ayant déjà de la peine à intégrer les arabes (désolé, je n'ai pu m'en empêcher). Je vous renvoie pour plus d'explications au blog Lance Sauce Piquante des correcteurs du monde. Les commentaires sont utiles aussi, mais dérivent malheureusement rapidement sur d'autres sujets.

Monday, April 24, 2006

Fable politicienne

Un petit coup de chapeau (un peu en retard, je le concède) à Jules qui revisite Lafontaine à sa manière, et commente une actualité que je ne connaissais pas de manière brillante. Pour résumer, il reprend l'histoire de député français Lassalle qui a effectué une grève de la faim dans l'hémicycle français pour protester contre un plan d'action d'une entreprise japonaise établie en France. Entreprise qui hésitera sans doute à l'avenir à investir dans l'hexagone... Par contre pour le député, tout roule, il est passé souvent au 20 Heures, friand de politique compassionelle et en plus, il a perdu des kilos en trop. C'est pas notre futur conseiller fédéral Daniel Brélaz qui va suivre cet exemple, c'est si bon une fondue préparée avec amour par mamie !

Friday, April 21, 2006

La vie de chateau


Desproges soulignait justement, dans un délirant réquisitoire d'un mannequin qui devait être Ines de la Fressange mais un doute m'habite, que les hommes ne naissaient pas égaux entre eux. La beauté étant déjà une première inégalité entre nous. Pourtant, certains réussissent très bien à s'en sortir sans être Appollon, ou jouent même sur l'ingratitude de leur physique. C'était un peu le cas de Philippe Castelli, qui nous quitte dix-huit ans après Desproges. Je n'avais plus entendu parler de lui depuis l'âge de 12 ans, quand j'avais un vinyle des Grosses Têtes - ne me demandez pas pourquoi - et me marrait à entendre ce pauvre Castelli se faire vanner par tous ses camarades. C'était un peu le Blaise de la Classe de FR3 - qui par ailleurs avait son El Chato et non Castelli. J'entends encore sa voix même si je ne me rappelle plus vraiment ce qu'il racontait. J'ai appris aujourd'hui qu'il avait donné la réplique à Jerry Lewis dans Par où t'es entré, on t'a pas vu sortir ? Un film dont le titre est déjà tout un programme...

P.S. Si quelqu'un arrive à trouver un document radio de ses passages aux Grosses Têtes, je suis preneur...

Thursday, April 20, 2006

Barca



Me voilà de retour ! Nombreux ont été les lecteurs qui se sont demandés ce que devenait Jack et comment expliquer le silence blog qui sévissait depuis jeudi dernier. J'en veux pour preuve ce message désespéré d'une de mes plus grandes admiratrices, Mme Bollomey :

Cher Jack,

Depuis jeudi, ma vie n'est plus la même. J'allume fébrilement et en tremblant à cause d'un début de Parkinson mon ordinateur tous les matins, dans l'espoir de pouvoir bien rigoler à la lecture de quelques-unes de vos lignes. Or depuis quelques jours, plus rien... En plus ce week-end il n'y aura pas les coups de coeur d'Alain Morisod. C'est à se demander si la vie vaut la peine d'être vécue. Bon, heureusement il y avait l'anniversaire de Benoît... J'espère pouvoir vous relire bientôt.

Paradoxalement je n'ai strictement rien reçu de mes amis valaisans, qui ne se sont sans doute pas remis du lundi de Paques, on se demande pourquoi.

Enfin bref, si je n'ai pas écrit de billets, ce n'est pas pour désespérer l'ensemble de mon public, mais pour profiter du temps clément qui régnait à Barcelone, où j'ai pris la photo ci-dessus. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à partager des secrets avec des gens qu'a priori je ne connais pas, avec qui je n'ai peut-être pas grand chose en comment si ce n'est une passion pour les posts, comments, trackbacks et autres termes inconnus des gens qui vivent hors de la blogosphère, ou encore les étiquettes Panini, cependant je résiste difficilement, voire même pas du tout à l'envie de vous faire part de deux petits trouvailles faites à l'occasion de ce voyage. Bref, voilà une grosse phrase pour vous dire que si vous allez un jour à Barcelone, prenez le temps de vous rendre au Palau de la musica catalana, ou encore mieux, allez y voir un concert. Et, si vous aimez l'histoire romaine, ruez vous au musée d'histoire de la ville. C'était la séquence Berlitz du jour.

Voilà, la trève pascale est terminée, c'est reparti pour quelques billets. En plus y'a rupture de stock Panini alors...

Thursday, April 13, 2006

Mesdames et Messieurs les cantons suisses...


... nous avons le plaisir et l'immense joie de vous annoncer que nous avons accouché d'une souris. Sans doute êtes vous surpris par cette annonce, et peut-être devrions-nous reformuler nos paroles. Reprenons donc : le Conseil Fédéral à le bonheur de vous transmettre une bien belle patate chaude. A vous d'en faire ce que vous voulez : interdisez les chihahuas, caniches, distribuez gratuitement des pit-bulls - si adorables n'est-ce pas, on en a un chez nous au Conseil, il est génial - à tous les dealers si cela vous chante, nous avons décidé de nous en tamponner complètement et de ne surtout pas interférer dans votre propre politique cantonale, plus sacrée qu'une vache indienne, et surtout de ne pas ôter la liberté d'avoir auprès de soi des races après tout si sympathiques. Voilà, j'espère que vous comprenez parfaitement la teneur de notre message, et nous vous prions de bien vouloir nous excuser dès à présent, nous devons aller nous sécher les mains... Eventuellement, on en reparle après le prochain carnage...

Wednesday, April 12, 2006

Panini = danger

J'ai succombé... ça y'est, je me suis mis à déchirer fiévreusement les petites enveloppes, pour voir s'il y avait à l'intérieur la photo passeport du joueur coréen dont le monde entier ignore le nom, mais après tout, c'est le seul qui me manque sur cette double page... A midi, on se passe les vignettes, en scandant "j'ai, j'ai pas, j'ai, j'ai pas...". Le tout en suisse-allemand, c'est encore pire. Bref, je suis atteint de ce que Claude Inga-Barbey appelle la collectionnite (est-ce aigüe, docteur?). Mais heureusement, je suis loin d'être le seul à en être atteint.

Allez, pour le plaisir, un petit passage du texte de Claude Inga :

Non, moi je dis: Panini = danger.

Mais si le fait de collectionner était tout simplement profondément ancré dans la nature humaine?... J'ai lu quelque part qu'au Néolithique les enfants collectionnaient déjà. Des dents de tyrannosaure. Mais il ne suffisait pas de descendre au kiosque le plus proche, il fallait débusquer un tyrannosaure, le décapiter et lui piquer une molaire. Au moins, ça vous forgeait un caractère. Alors collectionner oui, mais des vraies dents de joueurs de foot morts. La vignette Panini, c'est une image avec de la bave de l'autre côté. Sans véritable enjeu.

Non, moi je dis, il faut encourager le hooliganisme chez nos enfants et sanctionner l'achat de ces vignettes stupides et pernicieuses.

Tuesday, April 11, 2006

The Closed Circle - Jonathan Coe


"Voilà, c'est fini" disait Jean-Louis Aubert (wow, quelle référence culturelle d'autant plus spécieuse qu'inutile en ce début de billet). Le titre du roman de Jonathan Coe, qui fait suite à Rotters' Club, a été traduit en français par Le Cercle fermé. En partie à juste titre puisque si d'un côté il y a bien dans le roman un groupe de politiciens-patrons-décideurs qui se nomme The Closed Circle, cette expression fait aussi référence à la fin d'une histoire, à la boucle bouclée pourrions-nous dire. Et quelle boucle ! Vingt ans après, les personnages du Rotters' Club (Bienvenue au Club) ont bien changé, ont subi depuis les tourments de la vie. Diplômés du même collège, certains ont atteints leurs aspirations, politiques, journalistiques, d'autres traînent leur rêve de jeunesse et leurs amours passés comme des boulets. Ils ont perdu la trace de certains, gardé le contact avec d'autres, connu des déceptions conjugales, professionelles. Bref, ils arrivent gentiment à la quarantaine...

Comme dans Bienvenue au Club, Benjamin est le personnage principal du Cercle fermé. Tel qu'on pouvait le présentir à la fin du premier tome - car il est très clair, à la lecture du Cercle fermé, que les deux ouvrages ont été conçu en même temps - Ben a de la peine à achever son oeuvre littéraire, empêtré dans son couple qui ne marche pas, embourbé dans un travail qui le comble moyennement, en quête du bonheur sans savoir comment y parvenir. Son frère, qu'on sentait ultra-libéral au collège, devient député du Labour, aficionado de Tony Blair; ce personnage est le ressort principal de la satire politique de Coe, que je trouve moins aguisée que dans What a Carve up ! que j'avais lu il y a quelques années, et que je devrais reprendre. On retrouvera avec plaisir Doug Anderton, fils de syndicaliste qui réussit comme il l'espérait à intégrer le journalisme. Il y a une scène qui se déroule à l'intérieur de la rédaction du journal qui est absolument exceptionelle.

C'est sans arrière-pensée que je recommande la lecture de ce nouvel opus de Coe. Si vous avez aimé le Club, vous aimerez sans doute celui-là, et obtiendrez l'explication à de nombreux passages qui pouvaient y paraître inutiles. Je dois dire que j'ai tout de même préféré le premier tome. Je serais curieux d'avoir votre avis... Peut-on commencer par le Cercle ? Je le déconseillerais, car de nombreux passages resteraient obscurs, malgré les efforts déployés par l'auteur pour subtilement rappeler ce qui s'y était déroulé. Bonne lecture !

Je suis entre temps tombé sur une Critique dans le Temps du Rotters' Club. Je l'ai trouvé très bonne.

Monday, April 10, 2006

Les brèves de la semaine 4

Le comble du comble : à entendre Ueli Maurer à la TSR, on a l'impression qu'Oskar deviendrait trop provocateur pour l'UDC... "Quel grand poète le parti perdrait avec moi", pourrait bientôt s'exclamer l'incendiaire valaisan.

La devinette politique du week-end : qu'est-ce qui est petit, vert, qui monte et qui emmerde les partis de droite ?

3 jeunes de moins de vingt ans sont morts sur les routes ce week-end après y avoir fait la course... la limite de 0,5, c'est valable pour le Q.I. aussi ?

Sunday, April 09, 2006

Dieu que la grève est jolie...

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les grèves en France étaient si populaires et bénéficiaient du soutien d'une grande frange de la population ?


Bien sûr certaines personnes peuvent se sentir précarisées par de nouvelles lois, mais un tel ralliement, qui fonctionne presque à tout les coups, est pour le moins spectaculaire, surtout vu des pays voisins. la grève doit avoir un côté euphorisant, l'effet de masse doit enthousiasmer les participants. Mais je pense qu'un autre aspect doit être pris en compte, celui de l'esthétique de la grève. En tout cas c'est l'impression que j'ai lorsque je vois les clichés des manifestations qui sont placées dans nos quotidiens les lendemains de manifestations anti-CPE. Après tout, certaines photos ont de quoi donner envie à un célibataire UMP endurci de se joindre à la foule pour scander vive la révolution ! Voici quelques exemples, je vous laisse juge :



































A part cela, rudement efficace comme arme les deux N entourant une bouche en coeur !





















Friday, April 07, 2006

Quand le PDC tire dans le tas


Vivre dans pays plurilingue garantit toujours de belles coquilles dans les traductions de communiqués et articles. Celle-ci n'est pas bien méchante, mais je me plais quand même à la relever, car on pourrait avoir l'impression à sa lecture que le PDC insulte verbalement le Conseil Fédéral : ainsi, pour traduire l'expression "Kabelsalat in der Landesregierung!" faisant allusion à la position du CF sur la privatisation de Swisscom, et voulant sans doute utiliser l'expression "Sac de noeuds", le traducteur de Reto Nause a choisi "Tas de noeuds au Gouvernement"... C'est mieux que "Salade de cables", d'accord, mais ça frise l'incident diplomatique, non ?

Mise à jour (09.04) : Le Matin Dimanche fait à peu près la même remarque aujourd'hui. Ca fait plaisir de constater que les grands esprits se rencontrent :-)

Thursday, April 06, 2006

Alors là il m'épate...


... Il m'épate, il m'épate, il m'épate, il m'épate. Qui cela me direz-vous ? Et bien Christian Levrat, décidemment partout : à la TV, Radio, journaux, mais aussi sur la toile. Je ne parle même pas de son site, qu'il alimente avec une assiduité somme toute assez moyenne. En fait, on le trouve même sur d'autres blogs, à distiller des explications sur la question de la libéralisation du dernier km. Ce qui est tout à son honneur. Je vous le dis, il m'épate !

Tuesday, April 04, 2006

Sagesse blatérienne


Puisqu'il est quasiment impossible d'avoir des billets pour la finale de la Coupe suisse, je me lance dans un billet sur le foot. Je suis par ailleurs entièrement d'accord avec vous, ce jeu de mots est très médiocre. Ca ne vaut pas le nouveau trait de génie de Sepp Blatter : "Le football, c'est pas seulement taper dans un ballon". Non, c'est vrai, le football c'est aussi :

1. Boire des bières
2. Insulter l'adversaire
3. Corrompre l'arbitre
4. S'investir en politique (Forza Italia !)
5. Faire des saluts fascistes ou entonner des chants communistes
6. S'en mettre plein les fouilles avec le traffic la vente organisée de billets pour la Coupe du Monde
7. Souffrir pendant 4 ans de voir les Bleus dans toutes les émissions de télé lorsqu'ils gagnent la coupe du Monde
8. Râler sur les décisions arbitrales
9. Supporter les commentaires de Pierre-Alain Dupuis
10.S'exercer à faire le lama le plus souvent possible

Et en plus, j'aime ça !

Quand notre Sepp national déblatère de la sorte, c'est un vrai plaisir de produire des billets. Si au moins je pouvais les négocier au même prix que ceux de la Coupe du monde !


Monday, April 03, 2006

Viva la Revolucion !

Un excellent billet du site Commentaires et vaccinations analyse les manifestations autour du CPE à la lueur de ce que Jacques Marseille appelle la "violence consubstantielle française". Son idée de base est que la violence (manifestation, destruction de McDo, barrages routiers, etc...) est devenue en France un véritable moyen d'expression pour refuser finalement la démocratie représentative. Il termine ainsi :

Parce que mon sentiment profond est que le recours systématique à la violence est une façon archaïque, primitive et anachronique de réagir aux événements, j’exclue toute approche « romantique », voire guévariste, de ce qui se passe régulièrement dans nos rues. La colère des routiers n’ayant aucune chance de faire baisser les cours mondiaux du pétrole, l’ire des pêcheurs n’étant absolument pas susceptible de stimuler la natalité chez les poissons, la rage des étudiants n’étant pas près d’amoindrir l’impact de la hausse de la compétitivité du reste du monde, nos échauffements périodiques sont aussi dérisoires que les crises de frustration d’un gosse de quatre ans refusant de manger ses légumes ou d’aller se coucher à l’heure du marchand de sable. Le moment n'est-il pas venu de s'en rendre compte ?